D'autres articles encore...

Caravane 12- De quoi parle-t-on ou de l'anonymat des lieux briochins

Bonjour à toutes et à tous,

 

Je ne sais pas si vous avez fait attention à la dernière édition du journal de l’agglo (de Saint-Brieuc), déposée il y a peu dans les boites aux lettres. Si tel n’est pas le cas, jetez-y un œil avant de le jeter dans la poubelle jaune….et regardez en particulier le dossier « Grands projets » (pages 15 à 21).

 

Il y a en effet quelque chose de frappant qui transparait des titres des articles (parce que sur le contenu…) :

 

-          Ville centre : son nouveau visage se dessine

-          L’enquête publique : un bel outil de démocratie participative

-          Insertion sociale et professionnelle : C’est sur les chantiers qu’ils trouvent leur voie

-          Changer les réseaux : un sacré boulot !

-          Transport est-ouest : l’aménagement début courant 2018

-          PEM : le côté sud de la gare sera prêt mi-2018

 

Pour ma part, ce qui me surprend et me choque le plus…c’est la disparition de SAINT-BRIEUC au profit d’un vocabulaire passe-partout de « ville centre », et c’est le même sort qui est réservé au quartier de Robien pour devenir « le côté sud » de la gare….Quant à la référence au transport « Est-Ouest »…il s’agit sans doute de gommer la réalité socio-économique des Villages ou du quartier Balzac….. ?

 

Je n’ai pas seulement l’impression que nos décideurs aménagent leur agglomération (qui est aussi la nôtre, ils semblent bien l’oublier !) en dépit de ses habitants et de la réalité géographique et historique de son territoire, j’ai aussi l’impression qu’ils sont désormais partis sur orbite…(peut-être à l’ouest… ?)

 

Simon-crubelier

Caravane 11 : Quel tourisme voulons-nous? Pour un tourisme social et solidaire.

Le tourisme, tel un Janus, présente deux visages diamétralement opposés.

Un visage plutôt sympathique si l'on tient compte du fait, qu'outre la possibilité de découvrir de nouveaux horizons il est aussi un moyen d'aller à la rencontre de l'autre, de se confronter à l'altérité et d'en sortir grandi. Ce tourisme reposant sur l'échange se situe le plus souvent bien loin de la stricte sphère marchande. Cette forme de tourisme est tout aussi importante pour celui qui reçoit que pour celui qui est reçu, elle est la preuve que l'on peut aussi voyager en recevant ses hôtes. C'est cette sympathique facette du tourisme qui a été exploitée par la révolution numérique, notamment par des plateformes telle que Airbnb en mettant en contact propriétaires ou locataires d'un logement avec des voyageurs désireux de sortir du cadre impersonnel et standardisé des hébergements marchands classiques.

Dans les grandes métropoles touristiques la "révolution numérique" proposée par la Startup californienne Airbnb s'est cependant vite muée en cauchemar, certains propriétaires comprenant rapidement tout le profit financier qu'ils pouvaient tirer de cet engouement pour un mode d'hébergement qui se présentait comme original et insolite. Ces rapaces ont en effet parfaitement intégré le fait qu'ils pouvaient bien mieux rentabiliser leurs biens en louant ces derniers à des touristes, soit à la semaine, soit le week-end, plutôt que de le louer à des résidents aggravant ainsi les problèmes de logement dans les centre-urbains historiques.

Le centre historique de Saint-Brieuc semble à l'abri d'une telle évolution compte tenu de sa faible dimension touristique, pour autant on peut s'interroger sur les choix faits en matière de développement touristique depuis quelques années, notamment en lien avec le raccourcissement des temps de trajet avec Paris. C'est dans ces choix que réside le visage négatif du tourisme. Celui-ci est indéniablement un profond agent de transformation des espaces et des sociétés humaines qu'il impacte par ses infrastructures et ses pratiques. Des choix urbanistiques et financiers discutables ont été faits pour que le Novotel puisse s'implanter place Charner. Selon le principe qui consiste à privatiser les profits et à socialiser les pertes, la municipalité a consenti de très lourds investissements pour satisfaire les désidérata du groupe Ferré. Quels sont cependant les véritables bénéfices pour les citoyens de Saint-Brieuc? Il y a fort à craindre, comme cela est souvent le cas avec ce type de développement touristique, que les emplois créés soient avant tout des emplois peu rémunérés et, pour une part non négligeable, précaires car saisonniers. De la même manière nous sommes en droit de nous interroger de ce qui sera fait des éventuels profits générés par cette activité. Comment ces derniers seront-ils réinvestis et au bénéfice de qui? Enfin, en quoi ce tourisme de court séjour dans une bulle luxueuse totalement déconnectée des réalités locales permettra-t-il aux clientèles de passage de comprendre vraiment ce qu'est l'âme de notre ville, une ville qui a toujours été debout contre les inégalités, contre les injustices et qui dans son histoire, suivant l'exemple de Louis Guilloux, n'a pas hésité à accueillir en son sein des femmes et des hommes fuyant la misère et l'oppression, contribuant ainsi à renforcer ainsi son identité de "ville rouge" bien mal incarnée par l'actuelle municipalité. Thierry Thibault


Read more at http://www.agv-stbrieuc-agglo.org/pages/caravane/1-anniversaire-de-caravane.html#Xu8sSO4OZEIfkXVL.99

Caravane 10 - Un centre de santé, c’est une médecine de qualité accessible à tous 

Cette proposition de la liste AGV2014, est plus que jamais d’actualité.

En France, 1 850 Centres de Santé dispensent les premiers soins sans hébergement :soins médicaux, infirmiers, dentaires... ou polyvalents. Lieux de santé de proximité, tout le monde peut venir s’y faire soigner. Pas besoin d’avancer de l’argent : ils fonctionnent sans dépassement d’honoraires et avec le tiers payant. Les médecins sont salariés.

Ils ont développé une pratique forgée par 60 années d’expérience, fondée sur la médecine d’équipe autour d’un dossier médical commun et facteur d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.

Ils peuvent être gérés par une municipalité, une mutuelle, un hôpital, une association...

Partenaires des collectivités, ils mènent des actions sociales et d’éducation thérapeutique auprès des patients , des actions de dépistage, de prévention, de promotion de la santé adaptés aux besoins des populations. Ils recueillent des informations sur la santé des populations et assurent la veille sanitaire.

A St Brieuc, un centre de santé géré par l’hôpital pourrait soulager les urgences, assurer des soins à tous et après le départ des cliniques être un outil de mieux être et de cohésion sociale.

Caravane 10 - Une agglomération malade de ses élus

Quel points communs relient l'hôpital privé de Plérin et le projet de construction d'un collège à Hillion ? Sans aucun doute, l'ego de deux maires plus soucieux de la construction de leur image personnelle que d'inscrire les projets qu'ils soutiennent dans une démarche réfléchie et collective...Mais aussi et surtout ces projets, derrière une apparence d'intérêt général, servent surtout les intérêts privés...

 

A Plérin, c'est clair : l’hôpital privé, ce projet sorti de nulle part et porté initialement par le promoteur BC Partner's (avant que celui-ci ne fasse faillite en 2008 !), puis par la Foncière Hospi Grand Ouest est surtout une belle opération financière pour Harmonie Mutuelle, la Matmut, Malakoff Médéric...qui permet à peu de frais au maire de Plérin de faire sortir de terre une nouvelle zone commerciale et tertiaire (Tartapain, boulevard des Rêves,...) qui n'a pas fini de s'étendre au détriment de l'existant....

 

Avait-t-on réellement besoin de cette nouvelle usine à soins « tarifés à l'acte », directement concurrente de l'hôpital public tout proche, et qui laisse à l'abandon un ensemble de friches en centre ville de Saint-Brieuc ? A quoi bon « développer durable » quand c'est à l'usager captif de ce système de soins privatisés de faire les frais d'une politique à courte vue ; qui se soucie que l'usager doive maintenant prendre sa voiture ou se payer le taxi pour ses examens médicaux ?....

 

Ce qui s'annonce à Hillion avec le projet de construction d'un collège est du même tonneau : là encore, les parents doivent savoir qu'il leur faudra le plus souvent prendre la voiture pour déposer leurs enfants au pied de ce collège bâti en pleine campagne, aussi loin que possible de toute zone habitée, mais qui assure à un maire bétonneur la possibilité de développer (discrètement ?) au plus près du littoral une des ces nouvelles zones pavillonnaires qui pullulent déjà de Saint-Brieuc à Val André...A l'heure où la pollution automobile commence à produire ses effets délétères sur notre territoire....nous n'avons pas fini de tousser!

 

Pendant ce temps, alors que la guerre des égos fait rage aux frontières de l'agglo, au centre, c'est le consensus de l'inaction qui sert de cache-misère à la politique publique : la ville comme l'agglo semble avoir définitivement vendu son âme et ses meilleurs terrains à ses partenaires privés immobiliers et à leurs projets aussi dispendieux qu'inutiles...

 

Interrogeons nous : plutôt que d'abandonner la ZAC de centre ville autour de la gare, de laisser l'urbanisation de l’Évêché à la discrétion de l’Évêque et de contribuer au renforcement des seules zones économiques et commerciales périphériques, n'est-t-il pas plus urgent de penser une politique ambitieuse et volontariste d'aménagement de notre territoire qui ne soit pas réservée qu'à ceux qui en ont (et en auront toujours) les moyens  ?

 

Simon-Crubellier

 

Caravane 8- La pauvreté des riches...

Alors que nous venons tous de recevoir nos avis d'impots locaux, il est sans doute bon de s'arrêter quelques instants sur la difficile condition d'un contribuable encore plus malheureux que nous...134ème fortune nationale selon le magazine Challenges, avec un chiffre d'affaires estimé à 500 millions d'euros en 2016 (+ 42,86 % en un an !), Monsieur Didier Ferré n'est pas seulement le gérant du premier groupe hôtelier indépendant avec 140 hôtels sur le territoire national, il est aussi le chevalier blanc du développement économique de l'agglomération briochine, l'un des derniers représentants d'une race en voie d'extinction de ce côté-ci de la péninsule bretonne : l'investisseur !

Et si l'on doit parler de lui aujourd'hui, c'est à cause d'une information parue trop discrètement au coeur de l'été (Le Télégramme du 22 juillet 2016) relatant l'annulation par le juge administratif d'une délibération du conseil municipal de Saint-Brieuc du 9 juillet 2013 qui, sans tambour ni trompette, avait accordé au groupe Ferré Hôtels, une petite remise amicale de 528 000 € sur 30 ans, pour l'amodiation de 55 places de parking à Charner (soit un abonnement de 70,70 €/an !).

Les quelques abonnés du parking Charner qui cette année encore vont devoir s'acquitter d'un droit de 470 € pour garer leur précieux véhicule, comprendront que ces 70,70 € que s'apprétait à concéder la ville de Saint-Brieuc à la société "Ferinvest" ...était vraiment un joli cadeau de bienvenue !

Bien-sûr, la décision du tribunal administratif a contrarié un peu monsieur Ferré qui se dit pourtant qu'en ce bas monde, il vaut mieux être riche et bien portant que con....tribuable et briochin !

Car il sait bien lui que c'est le contribuable briochin qui paie plein pot les errements de l'aménagement urbain....Ces 3 000 places de parking en ouvrage à Saint-Brieuc...bientôt complétées par les 250 places du nouveau silo à voitures destiné aux happy few du TGV premium.... Et comme Monsieur Ferré est un financier, il sait qu'il va falloir étendre le périmètre du stationnement payant sur voirie et continuer à alimenter la participation exceptionnelle de la ville au déficit d'exploitation de ses parkings (800 000 € en 2014, 695 000 € en 2015 et 906 000 € annoncés pour 2016...)...Mais en même temps, il s'en fiche...car pour lui, Saint-Brieuc (à 2 H 15 de Paris), ce n'est déjà quebusiness et plaisir...

Simon-Crubellier

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau

Date de dernière mise à jour : Jeu 12 Oct 2017